Storyboard #5 : L’ascenseur émotionnel

Illustration Trop de love

Oui, la vie sait être une petite garce.

Il faut savoir que vivre l’expérience de « l’ascenseur émotionnel » implique de passer par plusieurs phases :

• Phase n°1 : LA JOIE. Je parle d’une joie intense. Lorsque j’ai reçu ce mail, je n’en croyais pas mes yeux… J’allais toucher un rêve du bout des doigts.

• Phase n°2 : LE MALAISE. C’est là que tu flaires l’anguille sous le rocher, le poil dans ta soupe bio, y a quelque chose qui cloche. Un élément qui est venu se greffer à l’histoire et qui fait tout basculer. Déjà dans le 1e mail, il était question de finaliser le projet en avril. Short, mais ok. Et puis on m’a expliqué que la deadline pour les illustrations était le 20 février. Comme je pars le 7 à Buenos Aires cela me laissait 20 jours pour 21 illustrations. Sans parler des allers/retours pour les corrections.

• Phase n°3 : LE DÉNI. C’est à ce moment-là ou je me suis voilée la face. Je ne voulais pas croire que c’était impossible et j’ai envisagé 1000 solutions : peut-être qu’en ne dormant que 4 h par nuit c’est jouable (implique de commencer le voyage avec un déficit de sommeil gigantesque), et si je prenais un congé sans solde (ouais ouais, juste avant 20 jours de vacances…), ou carrément (idée lumineuse de ma copine Chloé ♥) j’emporte ma tablette graphique au boulot ! Ben oui, « salut les gars, je viens avec 10 kg de matos pour rien branler de la journée parce que je dois dessiner… vous comprenez j’essaie de devenir illustratrice ! ».

• Phase n°4 : L’ABATTEMENT et L’ACCEPTATION. On y est. Tu as compris qu’il n’y a pas de solution à ton problème, tu viens de rater l’occasion de ta vie. Tu hésites entre te jeter de ton balcon (5e étage quand même), vider une bouteille de vin en écoutant Adèle en boucle, ou te dire que c’était beau d’y avoir cru, que tu feras tout pour que ça arrive encore et tu penses à la viande argentine que tu vas bientôt partager avec ton amoureux.

J’ai ressenti tellement de sentiments différents à la fois : de la frustration et de la tristesse de ne pas pouvoir réaliser ce projet et en même temps de la joie et de la fierté car pour une fois des professionnels se sont intéressés à mon travail. Et puis, avec ce voyage c’est comme si je n’avais pas le droit d’être énervée d’avoir raté cette occasion.

Si je n’étais pas partie, ça aurait pu le faire. Ça aurait été coton, mais j’aurais réussi. Conclusion : pas plus d’un bonheur à la fois s’il vous plaît, faut pas déconner.

Paix dans vos chaumières ♥

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16 thoughts on “Storyboard #5 : L’ascenseur émotionnel

  1. Mariette

    Argh mais impossible ! C’est un bon déclic ceci étant, car ça te permet de prendre conscience de la valeur de ton travail ! Je te souhaite plein d’autres propositions comme ça quand tu te seras mise “en ordre de marche” ;-)

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    1. D'encre et de sel

      Amère déception…
      Mais bon il fallait rester réaliste. C’était impossible, point. Bon, j’ai eu envie de rester roulée en boule par terre dans le noir mais c’est la vie !
      On verra ce que la suite me réserve! Fingers crossed ;-)
      Bise!

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  2. Vanessa

    Ca ressemble carrément à un signe d’encouragement pour persister dans cette voie.
    Après, je trouve leur façon de faire assez abusé. Ca me fait penser aux offres que ma soeur recevait, il y a quelques années, quand elle essayait de se lancer en free-lance dans le web-design : des délais intenables, un travail dingue et, surprises ! des rémunérations ridicules : “Vous comprenez, nous n’avons pas de budget, nous sommes une petite boîte, et puis ça fera une ligne dans votre CV”.
    Je ne sais pas si vous êtes allés jusqu’à parler de la rémunération. Peut-être sont-ils honnêtes, mais c’est vrai que quand on est “son propre patron”, on rencontre pas mal d’exploiteurs. Ce que je veux dire, c’est que tu n’as pas forcément raté l’opportunité de ta vie.
    Bonne continuation.

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    1. D'encre et de sel

      En fait, nous n’avons pas eu le temps de parler argent car dès le début, elle a eu l’honnêteté de me dire que les délais étaient contraignants et que c’était la 1e chose à régler. Ça ne servait à rien de s’engager dans des discussions plus approfondies si je ne pouvais pas tenir les délais.
      Ah! Les joies des débutants! :-)
      Espérons que tu ais raison et que ce ne soit qu’un début…
      Belle journée à toi!

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  3. StellaMars

    Nan mais moi ce que je trouve abusif c’est cette deadline, c’est complètement infaisable ??!! Même quand tu bosses à plein temps dessus, le timing est super chelou ! Ça part du principe que t’es prête à pondre sur un sujet que tu ne connais pas dans la seconde. C’est plus qu’une anguille, c’est une baleine sous gravillon. Fallait aussi que tu finances leur projet ou que tu vendes ta maison pour les aider ? ;)

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    1. D'encre et de sel

      Tu me rassures parce que même en mettant toute la bonne volonté du monde ça me paraissait chaud Time! Je ne sais même pas s’ils vont / ont trouvé un(e) illustratrice(teur) dans les temps! De toute façon c’était trop beau pour être vrai…

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  4. Lou

    Oh mais non c’est trop bête!!!! Grand respect pour avoir su voir là réalité en face. Typiquement le genre de chose que je ne sais pas faire. J’aurais dis oui et me serait retrouvé dans la m* !!!
    Bravo donc pour la lucidité et puis c’est quand même positif..:ton travail a été reconnu par des professionnels! Bravo donc!

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    1. D'encre et de sel

      J’avoue que j’ai désespérément pensé à toutes les solutions possibles… mais il faut savoir rester lucide comme tu dis, parce qu’accepter un tel travail, faire valider un devis et ne pas pouvoir remplir ta part du contrat c’est assez grave. Déjà tu passes pour une nouille non professionnelle et tu risques de te griller dans le milieu. Il valait donc mieux refuser. Je ne voulais pas faire n’importe quoi! Si je m’engage dans un boulot, je le fais à fond ;-)

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  5. Mél Méow

    Ma petite tu prends des congés et tu bosses jusqu’à 3heures du mat’ : c’est une trop belle opportunité pour la laisser filer !! Allez fonce!!!!!

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    1. D'encre et de sel

      Je sais mon Méou j’ai envisagé toutes les solutions… Mais je peux pas poser des congés à l’infini. Même sans ça leur délais est vraiment trop court… j’avoue ces vacances ne tombent pas à pic! D’où ma frustration. Mais après l’Argentine, je prends les choses en main. Promis!! :-)

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  6. Astrid

    Oh, quel dommage ! Je comprends ta frustration. J’espère que la maison d’édition refera appel à toi dans de meilleures conditions, s’ils apprécient ce que tu fais ça viendra sûrement :)

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    1. D'encre et de sel

      Je croise les doigts !!

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  7. Sonia

    Canons tes illustrations ! J’adore ;)

    Et oui… La vie est une sacrée salope des fois ! Haha mais souviens toi, rien n’arrive jamais par hasard, tu es exactement là où tu dois être ;)

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    1. D'encre et de sel

      J’espère que tu as raison :-) L’avenir me le dira!

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  8. Julia

    Rahhh la haine.
    En même temps, la deadline que l’on t’imposait était vraiment courte, même si tu n’avais pas eu tes vacances, non? Entre les premières propositions, puis les échanges, les modifications, les retouches, le tout pour 21 illustrations… ils auraient quand même pu s’y prendre à l’avance, cela promettait de belles prises de tête…
    L’occasion se représentera forcément, c’est que ce n’était pas le moment :) (mais ça prouve quand même que ton travail intéresse :) ).

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    1. D'encre et de sel

      Oui la haine :-)
      Mais c’est vrai que même sans les vacances, les délais étaient un peu courts, je ne sais pas d’ailleurs s’ils auront trouvé quelqu’un d’autre à temps…
      La prochaine fois c’est moi qui provoquerai les choses, il va falloir que je commence à démarcher magazines et maisons d’édition!

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