Métier d’illustratrice/teur : les conseils glanés

le métier d'illustratrice-illustrateur

Je n’ai pas arrêté de vous rabattre les oreilles ici avec ça, mais j’aurais rêvé être illustratrice. Je veux dire en faire mon activité professionnelle principale dès le début. Les hasards de la vie et ma réticence à croire en mes rêves m’ont mené sur un chemin totalement différent et je tente de rectifier le tir depuis 2 ans en développant cette activité d’illustratrice. Sans formation d’école d’art, j’ai dû m’approprier le métier toute seule de façon empirique. Et je commence à peine à en apercevoir les rouages complexes. Le chemin est long, croyez-moi !

Du coup, je me suis dit qu’il serait sympa de partager par ici quelques bons conseils trouvés au fil de mon apprentissage et qui m’ont été très utiles. Il s’agit plus de conseils « techniques » sur le dessin en lui-même que de conseils « démarches administratives ». (Sur ce coup-là, je passe mon tour…trop complexe). Que vous ayez envie de passer en mode pro, ou simplement de dessiner pour votre plaisir, j’espère que ces conseils simples pourront vous aider un peu.

☆ Dessiner de façon régulière

le métier d'illustratrice-illustrateur

Cela va de soi me direz-vous, mais pas tant que ça. Il n’y a pas de secret dans le dessin. Bien entendu il faut être animé d’une passion dès le début, mais j’ai envie de vous dire que le talent s’apprivoise. On ne va pas se mentir, certaines personnes ont de l’or entre les doigts et ont du être touchées par la grâce dès le berceau. Cependant, je pense très sincèrement que c’est à force de travail que l’on arrive à quelque chose de correct. La technique s’apprend et si vous avez des choses à dire le talent viendra à force de dessiner. C’est un domaine ou il faut être très régulier, on s’améliore toujours ! Plus on dessine, plus on saura dessiner et plus il sera facile de passer de l’idée à l’illustration. Même les plus grands illustrateurs ont travaillé d’arrache-pied pour en arriver ou ils sont (et continuent à travailler). Il n’y a qu’à comparer par exemple le 1e livre de Margaux Motin « J’aurais adoré être ethnologue » avec son dernier « La tectonique des plaques » pour voir l’évolution de son trait. Bluffant !

Pas de secret, pour s’améliorer il faut dessiner encore et toujours. Le talent ne tombe pas du ciel. Derrière tout grand illustrateur se cache des années de travail.

☆ Se remettre en question, toujours

Il m’arrive souvent de déterrer de vieux dessins et de les comparer aux nouveaux. C’est un très bon exercice à faire. Personnellement lorsque j’ai fini une illustration je suis très critique. Celle-ci va me plaire quelque temps mais ensuite, je ne vois que les défauts et ce que j’aurais pu faire en mieux. Il ne faut pas rester sur ses acquis et il est important de garder un œil critique. Un dessin que l’on trouve génial un jour nous semblera complètement nul quelque temps après, et c’est normal. Dans le même esprit il est également sain d’observer ce qui est réussi dans cette illustration, ce que l’on a su maîtriser. Le travail d’analyse est une aide précieuse pour avancer et s’améliorer. Nos marges de progressions sont infinies :-)

☆ Être curieux de ce qui se fait ailleurs

C’est une des parties les plus importantes (du moins, elle a été très formatrice pour moi) : observer ce que font les autres illustrateurs, les peintres, les designers, les artistes en général. Même ceux qui ont un style éloigné du nôtre. Pour développer sa créativité, son imagination, il faut être curieux et observer. J’ai réellement eu un déclic en m’intéressant de plus près à instagram. Ce réseau est une véritable mine d’or pour découvrir des talents et je crois bien que chaque semaine je découvre une nouvelle illustratrice/teur. C’est un vecteur d’inspiration incroyable à la portée de tous. Lorsque j’ai commencé (ou plutôt recommencé à dessiner) je ne regardais que les illustratrices qui se « rapprochaient » de « mon style ». Et puis j’ai ouvert mon regard à des choses différentes et ça a été une révélation.

Restez curieux. Observez même autour de vous les gens, les visages, les poses qu’ils prennent, les couleurs, les formes dans la ville, les formes des feuilles, la façon dont les ombres se forment, dont la lumière danse sur un visage. Si vous êtes en panne de créativité, prenez votre manteau et allez faire un tour en ouvrant grand vos yeux.

☆ S’inspirer sans copier

illustratrice et inspiration

C’est bien là toute la difficulté. On peut être curieux, puiser l’inspiration dans le travail des autres artistes, enrichir sa technique en les observant, mais il faut faire attention au plagiat pur, à ne pas voler le travail des autres. Trouver son propre style est selon moi une des étapes les plus difficiles. Je vous en parlais dans un vieil article de blog. Quand j’étais plus jeune je ne faisais que copier d’autres dessins, d’autres peintures. J’excellais dans le copycat (je suis sûre que j’aurais fait une bonne faussaire !) et lorsque j’ai décidé d’illustrer le blog de ma copine et d’ouvrir le mien, je me suis confrontée à la page blanche. Il a fallu que je trouve mon propre trait en arrêtant de copier bêtement. Car inspiration n’est pas synonyme d’imitation. Le droit de propriété intellectuelle est un droit bien trop important pour que l’on s’amuse avec et tout l’intérêt de l’illustration réside dans le fait de développer son propre style.

Cela peut prendre des années (et en prendra à tous les coups) mais il faut garder en tête que copier bêtement n’aidera pas votre imagination. Cela améliorera tout au plus votre coup de crayon mais ne développera pas l’essentiel : la créativité.

☆ Savoir écouter les conseils des autres et apprendre de ses erreurs

Bon, j’ai dit au début de l’article que je n’aborderais pas les questions administratives… Alors je vais le faire mais juste un peu, de loin. Parce que ça fait aussi partie du truc.

Des erreurs j’en ai fait un paquet. Au début je dessinais la fleur au fusil sans savoir que le mot « devis » existait, sans savoir que la « cession de droit » était une chose cruciale. J’ai eu de mauvaise expérience et j’ai travaillé pour rien (J’en parlais ici) mais si ça m’a découragé au début, j’ai appris énormément de chose sur le métier d’illustratrice et ses exigences. Ce n’est pas tout de savoir dessiner, il y a tout le reste (l’artillerie lourde) qui vient avec : savoir faire un devis, facturer de façon juste pour soi son travail, être à la page concernant les droits de cession, le droit d’auteur, comprendre le fonctionnement du statut d’artiste-auteur à la MDA et j’en passe… Je suis en plein apprentissage mais quand je regarde ce que je faisais quand j’ai commencé à vendre mes dessins et la façon dont je procède actuellement, je suis plutôt fier de moi !

Internet foisonne d’informations. Pour ma part j’ai rejoint des groupes d’illustrateurs pro sur facebook qui m’ont énormément appris. Il y a également Pacco et Margaux Motin qui ont créé leur chaine youtube et parlent super bien du métier. Dans ce domaine, il faut aller chercher de l’aide partout !

☆ Prendre du plaisir, toujours

Suivre ses rêves illustration

Finalement, c’est le plus important. Prendre du plaisir à dessiner. A partir du moment ou cela devient une plaie c’est qu’il est temps de faire une pause. Alors bien sûr ça peut arriver d’en avoir marre de dessiner tous les jours, de chercher l’inspiration de tous les côtés. Il y a des moments ou ça ne marche pas, on se sent vide. Rien ne vient et c’est normal. Dans ces cas-là, il suffit prendre un peu l’air, mettre le dessin de côté un temps et s’aérer l’esprit avec autre chose. Nous ne sommes pas des machines et il est important de prendre du recul sur nos créations. Mais la véritable passion, la vraie flamme ne doit pas s’éteindre. Elle est moteur de tout ;-)

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