Lecture et romans du moment #7

Trois romans à lire

Trois romans à lire

Je pense qu’il s’agit du dernier article sur mes lectures que vous trouverez sur le blog. En effet ce dernier va subir quelques changements, je vous en parlerai bientôt. Mais l’idée est de me concentrer sur l’illustration et de quitter l’appellation de “blog Lifestyle”. Même si je sens que c’est nécessaire, j’avoue que ça m’attriste un peu tant j’aime écrire ce genre d’article et partager mes lectures avec vous. Bref, voici donc mes dernières trouvailles en matière de romans…

▲ « HENRY ET JUNE », de Anaïs Nin

L’histoire : Anaïs Nin est une des plu grande diariste de son temps. C’est à l’âge de 11 ans qu’elle commence son 1e journal. Journal qu’elle tiendra pendant 45 ans, tout au long de sa vie. Elle y livre ses pensées, son intimité. Également romancière, c’est grace à la richesse de « son journal » qu’elle se fera connaître. Ce livre est un extrait de ses cahiers 32 à 36 qui relate la passion qu’elle aura avec l’écrivain Henry Miller. C’est en 1931 qu’elle fait la connaissance de Henry et de sa femme June. Alors mariée à Hugh Guiler, Anaïs va vivre une liaison passionnée avec Henry, tout en ayant une fascination sensuelle pour sa femme June. Anaïs est tiraillée entre d’un côté son esprit pur de poète, son imagination, ses constructions mentales et de l’autre son corps, sa chair, son désir de femme (sa sensualité). Henry est un scalpel de chirurgien, il caricature et réduit les choses à néant, il est d’une « épouvantable sincérité ». Elle est encore puritaine et réservée. Anaïs Nin est une des pionnières de l’érotisme féminin. Cet extrait évoque son éveil à la passion.

Mon avis : Ce n’est pas un livre qui se dévore, mais une œuvre qui se lit en prenant son temps. Un peu comme de la poésie. C’est une lecture particulière et certaines phrases sont magnifiques.

Au fil du journal, Anaïs se révèle et passe par plusieurs stades : d’abord elle craint Henry et est attirée par June, puis elle en vient à l’adorer à la façon d’une idole. Le sexe les relie alors comme deux aimants, puis vient amour. Ensuite, c’est Anaïs qui prends le dessus et fait éclater sa supériorité, elle l’aime alors comme on aime un enfant. La passion disparaît. Puis revient. Le monstre sacré lui est devenu tendre. A travers ces pages, Anaïs nous livre son apprentissage du libertinage. Elle entretient plusieurs amours en même temps : Henry le passionné, son mari Hugh le tendre, Eduardo son beau cousin, Allendy son psychiatre. Selon moi, elle apparaît tantôt névrosée, tantôt hystérique et il est parfois difficile de suivre son raisonnement. Elle écrit par moment comme une possédée (titre d’un de ces carnets). Même si j’ai trouvé le livre long à la fin, Anaïs Nin est une femme pour le moins fascinante ! Sa vision de la femme est par moment particulière, notamment son besoin de soumission. Ce journal est un peu la psychanalyse d’une femme écrivain s’ouvrant à la sensualité, pour qui le carcan de la femme mariée était trop étroit.

▲ « 37°2 LE MATIN », de Philippe Djian

L’histoire : Le narrateur a 35 ans. C’est un type plutôt tranquille qui vit dans un bungalow et fait de petits boulots, dans un coin un peu désertique ou l’on doit plisser les yeux pour regarder l’horizon. Il est également écrivain à ses heures perdues mais n’a jamais cherché à se faire publier. Un jour, la sulfureuse Betty entre dans sa vie. Betty c’est une tornade, une fille qui veut vivre trop intensément et pour qui ce monde paraît trop étroit. Elle est belle, féline et ils vont s’aimer intensément. Seulement Betty semble animé d’une espèce de folie, Betty en veut toujours plus et ne se contente pas de cette vie. Elle cherche à tout prix à faire publier les textes du narrateur. Cette histoire d’amour est trop bordélique, trop barrée pour ne pas foutre le feu aux poudres.

Mon avis : C’était un des bouquin préféré de ma mère, et je me suis souvent dit qu’il fallait que je le lise à mon tour. On sent bien dès le début que Betty a un grain, et qu’il n’y aura pas de « happy end ». Lui l’aime comme un fou et est prêt à accepter sa démence et ses coups de sang sans sourciller. Au fil des pages on avance comme sur une corde raide en se demandant à quel moment elle va rompre. L’écriture de Djian m’a beaucoup plus ! Ce bouquin d’ailleurs m’a beaucoup plus. On sent bien que c’est un mec qui a écrit ce roman, c’est une écriture très masculine. On suit avec une certaine délectation leur vie, leur errance. Il y a comme un sentiment d’attente dans leur façon de vivre. Les jours se suivent et se ressemblent, le soleil brûle le bitume, il fume comme un pompier mais le drame n’est pas loin. Le film a fait grand bruit car plutôt sulfureux. Le bouquin lui n’a rien de particulièrement sulfureux. Finalement c’est juste une histoire sur l’amour et la folie, sans tabou ni chichi.

▲ « M TRAIN », de Patti Smith

L’histoire : Avec ce roman, Patti Smith nous entraîne dans les vestiges de sa mémoire. Elle nous raconte ses voyages actuels et passés, ses vagabondages, les personnes qu’elle a rencontrées, qu’elle a connues ou croisées, comme autant de morceau de son âme dévoilés. Elle se souvient de ses voyages qui sont comme des pèlerinages : au Mexique dans la Casa Azul de Frida Kalo, au Japon à la recherche du puits de Murakami, en Guyane pour ramasser des cailloux à la prison de Saint-Laurent. Elle nous parle des gens qui ne sont plus, de Fred Sonic Smith son amour disparu, des objets perdus, de son adoration pour les séries télé policières et de son obsession du café.

Mon avis : Patti Smith est une vraie poétesse. Ce livre est un trésor de délicatesse et de solitude. On oscille entre ses voyages et la symbolique qu’elle en donne, ses rêves et ses prémonitions. Elle interprète les signes, comme par exemple quelques gouttes de saké tombées sur une table. « M Train » est illustré de polaroides pris au cours de ses voyages, et ils rendent la lecture encore plus touchante. C’est étrange mais Patti Smith donne l’impression d’être absente, comme spectatrice du passé, de ses rêves et des signaux. Ou prisonnière. Elle m’a fait l’impression d’une personne terriblement seule, avec ses rituels (manteau noir, bonnet, carnet, stylo et café). Elle a connu un monde bouillonnant de culture, a lu un nombre incroyable d’auteurs et cela transparaît au fil des pages. C’est un livre nostalgique et beau, un peu planant, à lire absolument !

(Visited 50 times, 1 visits today)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *