Être né quelque part…

Marseille, le fort Saint Jean

Marseille, le fort Saint Jean

Pas facile de savoir ou est-ce que l’on se sent vraiment chez soi, dans quel endroit, dans quelle ville notre cœur trouve sa maison.

Ces réflexions me sont venues lors d’un de mes fréquents aller/retour Paris-Marseille. Cela fait quatre ans et demi que nous avons quitté Marseille pour nous installer sur Paris. Boulot oblige. Avec ma moitié je crois bien qu’ils nous a fallu au moins deux ans pour nous acclimater à Paris, pour adopter un peu la ville et son fonctionnement. C’est notre premier appart à tous les deux et aujourd’hui je peux dire que lorsque je tourne la clé et pénètre à l’intérieur, je suis chez moi. C’est sûrement un peu idiot et fleur bleu, mais j’ai construit mon foyer avec lui et je crois qu’aujourd’hui c’est lui mon foyer.

BRRREF (barrez-vous les bisounours!!!). Ce que je voulais simplement dire c’est que lorsque je redescends sur Marseille et que je me promène dans la ville, je ressens un gros pincement au cœur. Comme si je retournais chez moi. Ma maison. Là ou je me suis construite, là ou j’ai quitté l’adolescence pour devenir adulte. Là où j’ai fait les 400 coups, là où j’ai noué mes plus belles amitiés, où j’ai rencontré mon premier amour. Tellement d’endroits à Marseille me sont familiers et me rappellent des souvenirs. Du coup par moment j’ai une sorte de vague à l’âme et je me demande entre les deux villes ou est-ce que je me sens vraiment chez moi ? Où est encré mon sentiment d’appartenance ?

Paris est une ville magique, on ne peut pas dire le contraire. Mais Paris est éreintante et usante. Tout va à 2 000 à l’heure, il y a 100 000 choses à faire, à voir. Tellement de bars et de restaurants différents. Mais en même temps, tellement de monde partout, tout le temps, c’est étouffant. Et pas d’horizon. A Marseille, on peut regarder au loin. En quelques minutes on peut s’isoler. Il y a la mer, la montagne, la campagne juste à côté. Je ne vous parle même pas du climat et de la luminosité, ce serait superflu. Je pense que Paris est une ville sympa quand on a de l’argent, pas d’enfant et qu’on est jeune. C’est super pour un temps. Mais je ne m’y vois pas y faire ma vie. Ça non. Je rêve beaucoup trop d’espace !

Ce que je ressens est assez bizarre, je suis partagée. Je me sens chez moi à Marseille, je reconnais les rues et l’asphalte brûlant. L’air salé qui vient de la mer. Mais je commence aussi à me sentir chez moi à Paris, à avoir mes cantines, mes lieux de prédilection et mes petites habitudes. Même si je dois avouer que la dernière fois que je suis redescendue sur Marseille pour le week-end, j’ai été prise d’un grand blues au moment de partir… Par moment c’est plus difficile que d’autres. En même temps, tant que je suis avec lui, peut importe le lieu (on avait dit BARREZ-VOUS les bisounours !!!) (enfin si on doit choisir entre Melin et Biarritz quand même…). Je sais que le jour ou je devrai quitter Paris, je serai extrêmement nostalgique. Enfin bon c’est assez schizophrène tout ça.

On va dire que pour le moment, j’ai deux chez moi : Marseille le chez-moi du cœur et Paris le chez-moi d’adoption. Pour le moment.

Partagez-vous ce genre de sentiments contradictoires ? Savez-vous avec exactitude ou est votre foyer, dans quelle ville ? Êtes-vous attachés à un endroit en particulier ?

 

Paris, toît du Printemps Haussman

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6 thoughts on “Être né quelque part…

  1. Sophie

    Je te comprends tellement ! Moi je viens de Nice donc on ressens forcément la même chose. Paris a beau être magnifique on ne peut pas la comparer au sud. Je suis arrivée à Paris d’ octobre et jela quitte dans 3 semaines, j’ai tellement hâte ! Je suis super contente d’avoir vécu ces 9 mois ici mais ce n’est pas chez moi. La mer, les montagnes, c’est mon oxygène …

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    1. D'encre et de sel

      Oui, Paris c’est magique on ne peut pas dire le contraire, mais je crois que lorsque l’on vient du sud, il manque quelque chose…
      Bon retour chez toi!! Et profite quand même de ce derniers jours sur la capitale ;-)

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  2. Julia

    Cela me fait penser à l’Auberge Espagnole, ce moment où il explique que la première fois qu’on met les pieds dans une ville, rien n’a de sens, puis après y avoir vécu, on y crée nos souvenirs, tout un schéma, le lieu prend une âme…
    Je suis particulièrement attachée à la ville où j’ai fait mes études, mais j’ai l’impression de voir des choses différentes à chaque fois que j’y vais, je vois les nouveaux étudiants, et je ressens pas mal de nostalgie.
    Après 2 ans dans ma campagne, je commence à me sentir chez moi, mais je ne crois pas que je serai considérée comme étant “d’ici” par les locaux avant un bon moment ;)
    Certains se sentent très vite chez eux dans les nouveaux lieux, d’autres (comme moi) ne se sentent pas toujours légitimes pour affirmer être chez eux rapidement, je ne sais pas si cela vient de mon histoire familiale (petite-fille d’immigrés… immigrés européens, mais immigrés), peut-être…
    En tous cas voilà un sujet qui fait réfléchir :)
    A bientôt!

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    1. D'encre et de sel

      Oui c’est vrai que dans ce film, ils parlaient bien de ce sentiment (je l’avais tellement aimé à sa sortie!). En tout cas je vois que je ne suis pas la seule à être partagée, à chercher mes repères et ma maison :-)

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  3. Sixte

    J’ai pas mal bougé dans ma jeune vie, et actuellement je suis à 500kms de mes parents, installée avec mon amoureux. Je m’y sens bien. À la campagne, isolée, au milieu de grands espaces, comme je l’ai toujours voulu. Pourtant, des fois, j’ai envie d’aller ailleurs, pour voir d’autres paysages. Pas trop de montagnes dans le Nord, et j’aimerais bien en avoir sous les yeux. Des petites choses qui font que des fois, j’aimerais me lancer dans un grand road trip ou avoir assez d’argent pour ne pas me soucier de Bouger 4 fois l’an… du coup, je crois que j’ai pas trop de sentiment d’appartenance geographiqhe. J’ai la bougeotte Mais je comprends ce que tu veux dire. Un sentiment de nostalgie qui étreint, parfois.

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    1. D'encre et de sel

      Je comprends, c’est bizarre d’avoir à la fois la bougeotte et à la fois envie d’un chez-soi! je suis un peu comme ça aussi. Je rêverais d’un tour du monde et en même temps de mon petit cocon à moi. C’est agréable de se sentir chez soi quelque part et en même temps c’est effrayant de se dire “voilà, j’y suis, c’est chez moi je ne bouge plus!”. Et l’aventure dans tout ça? Venir vivre à Paris m’a fait un bien fou, il fallait que je m’éloigne, que j’aille voir d’autres choses, d’autres gens, que je coupe le cordon. Et puis la mentalité du sud dans ses mauvais côtés m’avait fatigué. Il me fallait du renouveau. Et même s’il me tarde de redescendre à Marseille, je sais que le jour J je serai triste de partir, nostalgique de la vie à Paris. Tout ceci est assez étrange et parfois contradictoire!

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