Lettre à mon « moi » adolescent

Illustration Fille écoutant la musique 2

Illustration Fille écoutant la musique

 

L’adolescence… quelle formidable période ! D’après le Larousse : « Période de l’évolution de l’individu, conduisant de l’enfance à l’âge adulte ». Période ou la vilaine chenille prend le chemin de la chrysalide pour devenir un beau papillon. Période ou l’on se construit, on apprend à se connaître. Tout est encore possible… Miiiiip !!!! Ahum, la vérité est un poil plus sadique et compliquée. Personnellement je n’ai jamais été aussi mal dans ma peau qu’à l’adolescence et pour rien au monde je n’y retournerais. En disant cela je ne pense pas être la seule.

Aussi, je me suis exercée à un petit jeu que je vous conseille. J’ai essayé d’écrire la lettre que j’aurais aimé recevoir de mon moi futur quand j’étais ado, histoire d’apaiser mes craintes. Un exercice que je vous conseille. La voici :

« Cher moi, cher nous,

Je te préviens, cette période va être pénible. Très. Et plutôt longue.

C’est vrai, l’adolescence ne t’a pas épargné. T’es un peu gauche, pas vraiment jolie mais ça ne durera pas. Tu es tellement timide et coincée… mais tu donnes le change, surtout avec tes copines. Tu sais t’entourer mais t’as jamais vraiment eu confiance en toi. Bref tu es mal dans ta peau. Terriblement. Tu as peur de tout un tas de truc stupide. Vu ton contexte familial, pas étonnant, tu es née sur le qui-vive.

Tu es une incorrigible rêveuse, la tête toujours dans les nuages à rêver d’ailleurs. Ces rêveries ne te quitteront jamais. C’est pour ça que les séries te passionnent tant : tu aurais aimé vivre à Sunnydale et tuer des vampires ou être une des sœurs Halliwell avec des pouvoirs magiques.

Côté cœur t’es désespérante ! Tu rêves de romance à la Dawson, tu rêves qu’un Pacey sorti de nulle part te regarde comme il la regarde. Qu’il te prenne la main et qu’il t’embrasse au coin d’un feu avec en fond « Kiss me » de Sixpence None the Richer (Aujourd’hui encore quand tu entends cette chanson tu as un pincement au coeur). Ouais ben se sera pas pour tout de suite ma grande… Faudra attendre un peu. Mais ne t’en fais pas, tous ces pseudos « beaux gosses » que tu mattes en secret à la récré et qui n’ont jamais levé les yeux sur toi, tu les oublieras vite. Tu prendras ta revanche sur eux crois-moi ! Et puis je ne devrais pas te le dire mais certains t’aimeront fort et te donneront tellement… Tu seras heureuse en amour.

Tu en prendras des râteaux, avec les mecs et en amitié. Mais il faut en manger pour comprendre, parfois ça sera bien fais pour ta gueule. Tu n’en mourras pas, tu sais ? Tu apprendras c’est tout.

Sois patiente tu vas rencontrer des gens formidables qui te tireront vers le haut, des amis qui le seront toujours quand tu approcheras la trentaine. Tu tisseras des liens forts mais tu devras apprendre à être moins possessive. Tu feras des soirées de dingue, tu auras de sacrés fous-rires et je te parle même pas des voyages. Tu vivras de belles choses.

Ah et pendant que j’y pense, ne gâche pas ton énergie à essayer de maintenir cette famille unie, ça ne servira à rien. Avec ou sans toi tout explosera de l’intérieur, c’était écrit, c’est leur choix. Alors perds pas ton temps. Par contre, fais plus attention à ton frère. Comme les paroles de la chanson, ne le laisse pas chercher ailleurs l’amour qu’il devrait y avoir dans vos yeux. Après c’est trop tard.

Tu mettras du temps à te chercher et encore plus à te trouver. Je te rassure, à 30 ans tu douteras encore mais je pense qu’un jour tu sauras qui tu es. Tu t’assumeras enfin. Tu seras toi, complètement, sans chichi.

Toutes ces conneries, ces douleurs, ces attentes, ces crises de larmes stupides, un jour ça passe. Mais ce spleen qui t’habite te saisiras toujours à la gorge par moment. T’es comme ça, c’est ton côté « down », tu n’y peux rien. Tu ne seras pas toujours spectatrice de ta vie et quand le moment sera venu tu prendras les reines. Ne te voile pas la face, ça ne sera pas plus facile une fois adulte. En grandissant les problèmes changent d’apparence mais l’expérience t’aidera à les résoudre.

Aller, courage, un jour tu arrêteras d’écrire dans ton journal intime, je te le promets.

PS : les boutons ça passe et les seins ça pousse ;-) »

Et voilà ! Avez-vous déjà tenté ce genre d’expérience? Aujourd’hui, vous lui diriez quoi à votre « moi » adolescent ?

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8 thoughts on “Lettre à mon « moi » adolescent

  1. Djpingouin

    C’est un exercice très interessant… J’adore cette maniere d’écrire ! Tu as bien du courage, difficile de revenir sur cette période et de nous le partager ❤
    Ton blog est impressionnant pour tout cela
    L’illustration au passage est !!
    À très vite !

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    1. D'encre et de sel

      C’est vrai que c’est jamais facile de se re-pencher sur ces périodes plutôt ingrates. Mais ça permet de réaliser que c’est terminé et de voir qu’on en a parcouru du chemin depuis :-) Et merci pour le compliment DjPingouin! (ça c’est du pseudo, j’aime beaucoup ^_^). A très vite par ici j’espère !

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  2. Mél

    C’est très beau ma jolie Mélissa j’en ai les larmes aux yeux réellement. C’est un régal de lire tes histoires et comme je te rejoins sur le futur Moi! Je crois qu’on rêve toutes qu’ une lettre comme ça nous attend dans les moments les plus difficiles de son adolescence, famille unie ou pas.

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    1. D'encre et de sel

      Merci mon Méou! Contente que mes histoires te plaisent ;-)
      Oui, ce genre de démarche, ce genre de lettre ça peut être réconfortant!

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  3. Julia

    Je rejoins mon homonyme, c’est très beau :)
    Pour citer Little Miss Sunshine, où l’oncle parle de Proust, et du fait que celui-ci considère ses années de souffrance comme les plus belles de sa vie, car elles ont fait de lui ce qu’il est: » Si tu t’endormais jusqu’à tes 18 ans, pense à toute cette souffrance que tu raterais! » :D
    Je ne sais pas exactement ce que je dirai à mon moi adolescent, sans doute un peu les mêmes choses que toi… J’espère que lorsque j’aurai des enfants, je serai capable de le leur dire à leur tour, même si on est rarement très réceptif à cet âge.
    Merci pour cette jolie réflexion en tous cas!

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    1. D'encre et de sel

      Heureuse d’avoir partagé ce moment :-)
      C’est vrai, tu as raison – Proust et l’oncle aussi- cette souffrance est nécessaire pour faire de nous des êtres entiers. C’est à travers elle que l’on apprend à se connaitre. Elle est en quelque sorte nécessaire. Et comme toi, le jour ou je serai mère, j’espère pouvoir trouver les mots pour apaiser et rassurer mon/mes ados tout en leur faisant comprendre que ce malaise passera et fera d’eux des adultes accomplis.
      Bise Julia

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  4. Julia

    C’est beau, ça m’a presque tiré les larmes! ❤️

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    1. D'encre et de sel

      Merci copine ;-)
      Marion m’a glissé une idée, je ferai pareil pour mon « moi » dans 20 ans…

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